Quels sont les éléments à prendre en compte pour choisir entre les différentes méthodes de pondération des indices
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Construction de portefeuille

Quels sont les éléments à prendre en compte pour choisir entre les différentes méthodes de pondération des indices

L’équipondération ne réduit pas le risque : elle le modifie. Et, dans de nombreux cas, cela entraîne une augmentation des coûts et des paris sectoriels involontaires.

  • Le choix d'une exposition à un indice boursier implique de nombreux éléments, notamment le choix entre une pondération en fonction de la capitalisation boursière et une équipondération.
  • Si chaque approche présente ses avantages et ses inconvénients, le plus important pour les investisseurs est de bien comprendre ce qu’ils détiennent et comment cela s’intègre dans leur portefeuille.
  • Selon nous, les investisseurs devraient notamment s'intéresser aux implications en termes de coûts et aux différences d'exposition qui découlent de ces deux approches.

Lorsqu'on investit sur le marché action au travers d'un fonds indiciel ou d'un ETF, la méthode de pondération de l'indice constitue un élément important à prendre en compte. Les deux approches courantes sont la pondération en fonction de la capitalisation boursière et l’équipondération.

La première offre une exposition « passive » au marché ciblé en pondérant l'ensemble de ses actifs en fonction de leur capitalisation. Elle reflète ainsi le marché lui-même. Elle existe depuis de nombreuses années et est la mieux établie des deux.

La deuxième, quant à elle, consiste à détenir les mêmes titres, mais tous dans les mêmes proportions. Par rapport au marché, il s'agit davantage d'une stratégie active car elle comporte un risque relatif, notamment parce qu'elle sous-pondère les actions à grande capitalisation et surpondère celles à petite capitalisation. Cette approche connaît généralement des épisodes de popularité. Cela peut par être le cas lorsque les investisseurs craignent qu'un sous-ensemble du marché, un secteur d'activité par exemple, ne représente une part trop importante de l'ensemble.

Bien qu’elles présentent chacune des avantages, les investisseurs doivent s'assurer de bien comprendre ce que chacune implique en termes de coûts, de risques et, en fin de compte, d'exposition. Nous expliquons ici les principes fondamentaux de chaque approche et les raisons pour lesquelles nous estimons qu'un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière pourrait constituer la meilleure option pour de nombreux investisseurs à la recherche d'une exposition diversifiée aux actions, en particulier aux actions américaines.

Les bases : Indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière vs indices équipondérés

Un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière attribue des pondérations aux titres qui le composent en fonction de leur capitalisation boursière (le flottant)1. Cela signifie que les entreprises les plus capitalisées (ou à plus forte capitalisation boursière) ont une plus grande influence sur la performance de l'indice. L'indice S&P 500 et le Russell 3000 en sont des exemples bien connus.

En voici quelques avantages :

  • Représentation du marché : La pondération en fonction de la capitalisation boursière n'est pas tant « une autre méthode de pondération » qu'une représentation neutre d'un segment de marché donné. À ce titre, on peut affirmer qu’il s’agit de la meilleure représentation de la dynamique du segment concerné, dans la mesure où les pondérations de ses composantes correspondent à leur importance économique.
  • Liquidité et volume des transactions : Les actions des sociétés à forte capitalisation présentent souvent des caractéristiques de liquidité plus favorables, ce qui rend leur trading moins coûteux. Par conséquent, allouer une part relativement plus importante de capital aux grandes capitalisations peut réduire les coûts de transaction et améliorer l'efficacité de la réplication de l'indice.
  • Moins de rotation : Par rapport aux indices équipondérés, les indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière sont relativement plus simples à reproduire. Si la capitalisation boursière d'une entreprise augmente tandis que celle d'une autre diminue, leurs pondérations dans l'indice évoluent en conséquence. Aucun ajustement n'est nécessaire.

Voici quelques inconvénients potentiels :

  • Concentration : Lorsque certaines actions ou certains secteurs représentent une part importante du marché, les caractéristiques des indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière peuvent être fortement influencées par ces sous-ensembles. Dans un scénario où ces entreprises ou ces secteurs subiraient soudainement une correction plus importante que le reste du marché, la pondération en fonction de la capitalisation boursière afficherait une sous-performance par rapport à une approche équipondérée.
  • Exposition réduite aux petites entreprises : Si les petites entreprises affichaient de meilleurs résultats que les grandes, la pondération en fonction de la capitalisation boursière donnerait de moins bons résultats. En effet, l’équipondération aurait attribué un poids relativement plus important aux petites entreprises.

Un indice équipondéré, quant à lui, attribue la même pondération à chaque titre qui le compose, quelle que soit sa capitalisation boursière. L'indice S&P 500 Equal Weight est un exemple courant d'indice utilisant cette méthodologie.

Voici les principaux avantages d'une approche équipondérée :

  • Réduction de la concentration sur certaines actions : Lorsque certains secteurs sont relativement plus capitalisés que d'autres, une équipondération peut réduire la dépendance des caractéristiques de l'indice à l'égard de ce secteur.
  • Diversification sur l'ensemble du spectre des capitalisations : Par rapport aux indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière, les indices équipondérés  accordent une part plus importante aux entreprises de moyenne et petite capitalisation. Ils offrent ainsi une exposition plus équilibrée aux différents segments de taille. 

Voici les principaux inconvénients de cette approche :

  • Risque relatif : De nombreux investisseurs ont tendance à comparer la performance de leur investissement à celle du « marché ». Lorsque les indices équipondérés sous-performent le marché (l'alternative à pondération par capitalisation boursière), ces investisseurs peuvent se désengager et ne pas profiter des performances positives attendues des marchés actions à long terme.
  • Volatilité : Les indices équipondérés peuvent être plus volatils que les indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière. En effet, ils sont plus sensibles aux performances des petites entreprises qui ont généralement une volatilité plus élevée que les grandes.
  • Augmentation de la rotation et des coûts de transaction : Les indices équipondérés nécessitent un rééquilibrage régulier afin de maintenir des pondérations égales. Cela peut entraîner un taux de rotation et des coûts de transaction plus élevés. En effet, plus les rééquilibrages sont fréquents, plus leur incidence financière est importante. Nos recherches ont montré que, sur la période de dix ans s'achevant en novembre 2024, l'indice S&P 500 équipondéré affichait en moyenne un taux de rotation bidirectionnel plus de cinq fois supérieur à celui de l'indice S&P 500 pondéré en fonction de la capitalisation2.

Même s'il ne s'agit pas d'un inconvénient à proprement parler, mais plutôt d'une nécessité pratique, il est important de souligner que les pondérations des sociétés comprises dans un indice équipondéré ne sont identiques qu'au moment de chaque rééquilibrage. Par exemple, un indice rééquilibré chaque trimestre n'est réellement équipondéré que quatre fois par an ; en fonction de l'évolution du cours des actions de ses composants, les pondérations peuvent augmenter ou diminuer au cours du trimestre suivant. Et n'oubliez pas qu'un rééquilibrage plus fréquent se traduirait par des coûts plus élevés pour l'investisseur.

Analyse de l'exposition : L’équipondération modifie les risques, mais ne les élimine pas

Certains investisseurs pourraient considérer l'approche équipondérée comme un moyen d'atténuer le risque de concentration. Pour ces derniers, il est important de comprendre que le passage d'un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière à un indice équipondéré  n'élimine pas le risque, mais modifie simplement les sources de risque.

À titre d'illustration, nous comparons les indices S&P 500 et Russell 3000 (pondérés en fonction de la capitalisation boursière) à leurs équivalents équipondérés. Il convient de noter que tous ces indices offrent effectivement une exposition globale à l'univers des actions américaines. En y regardant de plus près, on constate toutefois plusieurs différences importantes.

Si l’équipondération visait, par exemple, à réduire l'exposition au secteur des technologies de l'information, nous constatons que cette approche a atteint son objectif (comme l'illustre le graphique ci-dessous concernant l'indice S&P 500). Cependant, la poursuite de cet objectif s'accompagne d'un risque actif par rapport au marché. Alors que le secteur informatique est sous-pondéré, d'autres secteurs, comme l'industrie, les matériaux, l'immobilier et les services publics, affichent une pondération presque deux fois supérieure à leur poids sur le marché. Chaque fois qu'un secteur surpondéré affiche une performance inférieure ou supérieure à celle du marché en termes relatifs, l'indice équipondéré affiche une performance inférieure ou supérieure à celle du marché (à savoir à celle de son équivalent pondéré en fonction de la capitalisation boursière).

Répartition sectorielle : Il existe des différences importantes entre les différentes méthodes de pondération des indices

Source : Bloomberg, en date du 31 mars 2026. Le graphique présente la répartition sectorielle de l'indice S&P 500 Equal Weight et de l'indice S&P 500 (pondéré en fonction de la capitalisation boursière).

Risque lié aux facteurs actifs avec équipondération

Outre le fait qu'elle expose les investisseurs à un risque actif résultant des écarts par rapport aux pondérations sectorielles, l’équipondération entraîne également un risque factoriel actif. Pour illustrer cela, nous avons analysé l'indice Russell 3000 Equal Weighted TR USD, qui regroupe la majorité des entreprises américaines3. Le graphique ci-dessous présente les expositions de l'indice Russell 3000 équipondéré par rapport au marché action américain lui-même, pondéré en fonction de la capitalisation boursière (représenté par l'indice Russell 3000, pondéré en fonction de la capitalisation boursière).

Comme indiqué plus haut, l’équipondération entraîne une forte prédominance des sociétés à faible capitalisation. Mais notre analyse met également en évidence des biais significatifs en faveur d'autres facteurs, tels qu'une exposition positive à la stratégie value et une exposition négative à la stratégie momentum. Par conséquent, si les actions value affichent une performance inférieure ou supérieure à celle des actions de croissance, l'indice équipondéré affiche respectivement une performance inférieure ou supérieure. De même, selon que la stratégie momentum affiche de bons ou de mauvais résultats, l’équipondération  surperforme ou sous-performe la pondération par capitalisation boursière (toutes choses étant égales par ailleurs).

Expositions aux facteurs de style de l'indice Russell 3000 Equal Weighted TR USD

Notes : Les régressions sont réalisées à partir des performances totales mensuelles en dollars américains observés entre janvier 2000 et mars 2026, à partir des données fournies par Morningstar. Les performances liées aux facteurs de style proviennent du site internet de Kenneth French. Le facteur « marché » est représenté par les performances de l'indice Russell 3000 (pondéré en fonction de la capitalisation boursière). Définitions : SMB (small minus big) correspond au rendement moyen des trois portefeuilles « small » moins le rendement moyen des trois portefeuilles « big » ; HML (high minus low) correspond au rendement moyen des deux portefeuilles « value » moins le rendement moyen des deux portefeuilles « growth » ; le RMW (robust minus weak) correspond au rendement moyen des deux portefeuilles présentant une rentabilité d'exploitation solide, moins le rendement moyen des deux portefeuilles présentant une rentabilité d'exploitation faible ; le CMA (conservative minus aggressive) correspond au rendement moyen des deux portefeuilles d'investissement prudents, moins le rendement moyen des deux portefeuilles d'investissement agressifs ; le MOM (momentum) correspond au rendement moyen des deux portefeuilles ayant enregistré un rendement antérieur élevé, moins le rendement moyen des deux portefeuilles ayant enregistré un rendement antérieur faible.

Si les investisseurs optaient pour un indice équipondéré  (plutôt qu'un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière) dans le but de surperformer ce dernier, ce choix n'aurait de sens que si les facteurs auxquels l'indice équipondéré est exposé évoluaient dans la bonne direction. À court terme, il peut s'agir de secteurs surpondérés qui affichent de bons résultats ou de secteurs sous-pondérés qui affichent de mauvais résultats. À long terme, il se pourrait que ce soient les actions à faible capitalisation qui surpassent les actions à forte capitalisation, ou que les actions value fassent mieux que les actions de croissance.

Il se peut très bien que ces prises de position actives portent parfois leurs fruits. Toutefois, les investisseurs doivent garder à l'esprit que ces « paris » actifs peuvent ne pas porter leurs fruits. En effet, ces facteurs pourraient évoluer dans une direction différente de celle prévue. Dans ce cas, l’équipondération  pourrait afficher une performance inférieure à celle de la pondération par capitalisation boursière.

Les investisseurs qui envisagent d'investir dans un fonds équipondéré dans le but d'ajouter une exposition à un style spécifique à leur portefeuille auraient peut-être intérêt à investir directement dans un fonds ciblant explicitement ce style, tel qu'un fonds indiciel de petites capitalisations.

Par ailleurs, pour les investisseurs qui souhaitent s'exposer aux actions d'un marché ciblé de manière passive (à savoir en adoptant une stratégie active neutre en termes de risque), un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière constitue l'approche la plus appropriée. Comme indiqué précédemment, l’avantage en termes de coûts inhérent à l’approche pondérée par la capitalisation boursière fait que celle-ci convient mieux aux investisseurs à long terme, compte tenu de l’impact négatif que peuvent avoir des coûts plus élevés lorsqu’ils s’accumulent au fil du temps.

Comparaison des performances : Indice S&P 500 (pondéré en fonction de la capitalisation boursière, SPX) par rapport à l'indice S&P 500 équipondéré  (SPW)

Les performances passées ne sont pas des indicateurs fiables des résultats futurs. La performance d'un indice n'est pas une représentation exacte d'un investissement particulier car vous ne pouvez pas y investir directement.

Source : Bloomberg, sur la base de données couvrant la période du 31 décembre 1990 au 30 avril 2026.
 

1 La capitalisation boursière correspond au produit du cours de l'action d'une société par le nombre d'actions en circulation. Afin d'améliorer la liquidité de l'indice, seule la partie des actions que le fournisseur d'indice considère comme disponibles à l'achat et non détenues à très long terme (ce que l'on appelle le « flottant ») est prise en compte dans la plupart des cas.

2 Source : Indices S&P Dow Jones, en date du 29 novembre 2024.

Nous utilisons l'indice Russell 3000 plutôt que l'indice S&P 500 pour l'analyse factorielle. En effet, ce dernier présenterait un biais en faveur des grandes capitalisations, non pas en raison d'une pondération par capitalisation boursière, mais parce qu'il ne comprend que les 500 plus grandes valeurs du marché boursier américain. 
 

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