Remarque : Les rendements indiqués concernent les obligations souveraines à 30 ans.
Source : Bloomberg, données en date du 26 août 2026.
Une économie qui prend de l'élan
Cette évolution est renforcée par la dynamique économique du Japon. La croissance repose de plus en plus sur la demande intérieure, notamment sur la vigueur des salaires, la reprise de la consommation et la poursuite des investissements des entreprises. L'économie japonaise fonctionne sous de fortes tensions et la demande s'avère plus soutenue qu'on ne le pensait auparavant. En effet, les pénuries structurelles de main-d'œuvre contribuent à la hausse des salaires.
L'inflation semble également s'être généralisée et être davantage tirée par des facteurs internes. Si la hausse initiale a été fortement influencée par les coûts d'importation et la dépréciation du yen, l'inflation sous-jacente reste supérieure à l'objectif de 2 % fixé par la Banque du Japon (BoJ), une fois ajustée des mesures gouvernementales temporaires telles que les subventions sur l’énergie. La hausse de la demande, la progression soutenue des salaires et l'intensification des pressions sur les prix plaident en faveur d'une poursuite de la normalisation de la politique monétaire.
La question n'est plus de savoir si la Banque du Japon va procéder à une nouvelle hausse des taux, mais à quel rythme. Nous avons récemment revu à la hausse nos prévisions en matière de politique monétaire pour le Japon et tablons ainsi sur deux hausses supplémentaires d'un quart de point de pourcentage en 2026. Cela porterait le taux directeur à 1,5 % d'ici la fin de l'année, avant une nouvelle normalisation à 2 % en 2027.
Il se peut toutefois que les marchés sous-estiment le niveau auquel les taux japonais finiront par se stabiliser. Bien que la Banque du Japon ait évoqué une large fourchette de taux neutres possibles (taux théorique auquel la politique monétaire ne favoriserait ni n'entraverait la croissance économique), nous considérons qu'une fourchette comprise entre 2 % et 2,5 % constitue une zone d'atterrissage plus naturelle que les taux plus bas que les marchés ont déjà intégrés dans leurs cours.
Cela devra s’effectuer en douceur. Une hausse trop lente des taux pourrait prolonger l'inflation et les pressions sur la devise. Une intervention trop brusque pourrait renforcer le yen, peser sur les exportateurs et raviver les inquiétudes concernant les coûts d'emprunt du gouvernement. Pour autant, les conditions financières restent accommodantes, ce qui laisse penser que la Banque du Japon dispose d'une marge de manœuvre pour agir progressivement.
Pour les investisseurs internationaux, la principale conséquence est claire. À mesure que son économie se renforce et que ses taux d’intérêt augmentent, le Japon pourrait se retrouver de plus en plus en concurrence pour attirer les capitaux nécessaires au financement des États, des entreprises et des investissements dans l’IA à l’échelle mondiale. Cette évolution pourrait constituer une source supplémentaire de pression à la hausse sur les rendements mondiaux dans les années à venir.